
Il s'appelle Alain de Boissieu. Fait prisonnier, il s'évade en mars 1941 de l'Oflag II D en Poméranie et fonce vers l'Est.
Mais Staline n'est pas encore en guerre, les Soviétiques l'internent à son tour. Des camps nazis aux camps staliniens, sans même avoir combattu.
Dans un camp au sud de Moscou, il retrouve 185 soldats français évadés d'Allemagne, organisés sous l'autorité du capitaine Pierre Billotte. Ensemble ils attendent, résistent, s'organisent dans ce que de Boissieu nommera le "Détachement Bilotte". En septembre 1941, l'entrée en guerre de l'URSS change tout. Par Arkhangelsk et le Spitzberg, les 185 rejoignent enfin Londres et le Général de Gaulle.
De Boissieu deviendra son gendre. Billotte, son chef d'état-major. Trente ans plus tard, au sommet de sa carrière, le Général de Boissieu prend la plume sur le papier à en-tête de l'Inspection de l'Arme Blindée et de la Cavalerie - l'arme de sa jeunesse héroïque - pour écrire à Thibault Billotte cette lettre manuscrite inédite, longue et personnelle, évoquant les camps, les prisons soviétiques et cette fraternité forgée dans l'adversité. QUI ÉTAIT ALAIN DE BOISSIEU?
Général d'armée, Compagnon de la Libération. Gendre du Général de Gaulle (époux d'Élisabeth de Gaulle). Présent dans la voiture lors de l'attentat du Petit-Clamart contre de Gaulle en 1962.
Décédé en 2006, inhumé à Colombey-les-Deux-Églises. Général, Compagnon de la Libération. Chef d'état-major particulier du Général de Gaulle. As des chars - détruisit 13 chars allemands en une seule journée à Stonne en mai 1940. Commandant du groupe des 185 Français internés en URSS en 1941. \Pas d'expédition hors de France.