
Antoine Joseph Barruel-Beauvert - "nos derniers soupirs seront pour les Bourbons" - Longue et belle lettre autographe signée à la Duchesse d'Angoulême, Madame Royale - 1815. Lettre autographe signée d'Antoine Joseph Barruel-Beauvert, adressée à la Duchesse d'Angoulême, Madame Royale, datée du 9 octobre 1815 à Paris, n° 26 Rue Montholon, écrite à l'encre brune sur un double feuillet de papier vergé fin. Longue et remarquable supplique adressée à la fille de Louis XVI, dans laquelle l'auteur retrace avec solennité et détails l'ensemble de ses engagements royalistes depuis la Révolution française, et sollicite avec ferveur une fonction officielle, notamment la direction d'un hôpital militaire ou civil, afin de subvenir aux besoins de sa famille.
L'Auguste fille d'une longue suite de Rois est la protectrice naturelle d'un Gentilhomme issu de pères qui, depuis plusieurs siècles, ont constamment servi les Monarques ayeux de Votre Altesse Royale, et qui, pour avoir lui-même servi avec zèle et de toutes ses facultés la famille de son Souverain légitime, n'a échappé à aucune des proscriptions célèbres, depuis le commencement de la révolution. J'ai l'honneur de recourir avec toute confiance à Votre Altesse Royale, et l'un des premiers qui s'offrit à porter les fers du vertueux et magnanime Louis XVI, arrêté dans Varennes; qui fit tous ses efforts au Château des tuileries, le 20 juin et le 10 août 1792, pour être utile à la famille de son Auguste Maitre; qui n'hésita point en Vendémiaire de solliciter, en qualité d'Electeur du Département de Seine-et-Oise, la liberté de Madame Royale, détenue à la Tour du Temple, et qui n'obtint que d'être proscrit; qui fut porté sur la liste des émigrés et ruiné en France et à St Domingue; qui, après avoir rédigé seul le "Journal Royaliste" et continué seul également les "Actes des Apôtres" fut condamné à la déportation dans l'île de Cayenne, le 18 fructidor, et le lendemain à être fusillé, comme émigré ; qui finit par être arrêté et par accomplir cinquante neuf mois de captivité dans la Tour du Temple ; qui au sortir de là, devait encore subir l'exil où il était condamné et périr vraisemblablement dans les casemates de l'île d'Elbe, mais que le Gouvernement de l'usurpateur se contenta d'exiler hors de Paris, loin de sa femme et de ses enfans, pendant dix années consécutives ; qui fut exposé, comme Royaliste, au blocus de Besançon l'an dernier ; enfin qui, au commencement de la révolution ayant accepté la place de colonel de la Garde Nationale de la ville de Bagnols, Bagnols, ayant commandé 450 hommes, parvint à sauver dans Avignon les vingt-deux victimes emprisonnées et dévouées aux fureurs de la populace ; voilà quelques uns de mes titres, Madame, aux bontés et à la protection particulière de Votre Altesse Royale. J'ose donc vous supplier, Madame, de prendre en considération mes services passés et mes malheurs présents. Ma famille et moi touchons au moment de manquer même des objets de première nécessité ; je ne crains point d'en faire confidence à Votre Altesse Royale. J'ai patienté (en difèrent autant que j'ai pu cette délicate es triste confidence), mais les besoins augmentent dans mon petit ménage et la mauvaise saison arrive.
Ma femme et mon fils le plus jeune, honorés d'une audience de Monseigneur le Duc d'Angoulême, avaient obtenus la promesse que ce Prince Sublime, ce véritable Héros, daignerait s'intéresser en notre faveur, auprès de Sa Majesté, et j'ai sollicité la place de Gouverneurs de ses pages, ou une place de Conseiller-d'état d'épée ; enfin par votre puissante intercession, Madame, le Ministère de la police ; devenu certainement entre mes mains le Ministère de la Sûreté de la France et de la famille Royale ; mais les ambitieux, les intrigans et même les anti-Royalistes, semblent ligués pour me ravir jusqu'à l'espoir d'une récompense, qui rendrait mon sort moins pénible, et moins douloureux. Si le Roi n'interromp pas quelque fois son habitude de n'employer jamais aucun de ses Sujets, quand ils ne sont point présentés à Sa Majesté par quelques ministres, je cours les risques, Madame, de ne pas obtenir non seulement la Direction d'un des hôpitaux Militaires ou Civils, mais peut-être même une place de malade dans un de ces hôpitaux. Ma femme, mes enfans et moi pouvons donc mourir dans la plus affreuse infortune! Mais les dernières pulsations de nos cours et nos derniers soupirs seront pour les Bourbons. Le très humble et très obéissant Serviteur.
Dimensions : 20.5 x 25.7 cm. État : Voir photos et description pour plus de détails. Nombre de pages : 3 pages. Est un journaliste français né le 17 janvier 1756 au château de Beauvert près Bagnols et mort le 2 janvier 1817 à Turin. Surnommée « Madame Royale », née le 19 décembre 1778 à Versailles et morte le 19 octobre 1851 à Frohsdorf en Autriche, est le premier enfant de Louis XVI et Marie-Antoinette. Après une enfance passée à la cour, elle sera la seule des enfants royaux à survivre à la Révolution française.Né le 23 août 1754 à Versailles sous le nom de Louis-Auguste de France, est roi de France et de Navarre du 10 mai 1774 au 13 septembre 1791, puis roi des Français jusqu'au 21 septembre 1792. Alors appelé civilement Louis Capet, il meurt guillotiné le 21 janvier 1793 à Paris. Lettres autographes, vieux papiers, livres anciens, photographies, gravures, timbres... Nous expertisons et/ou rachetons dans toute la France vos lettres, collections de lettres et livres anciens. N'hésitez pas à me contacter.
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